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ATTENTION : changement d’adresse du siège ; même si tous nos pdf ne sont pas encore à jour, la nouvelle adresse des éditions Chien est : 1, rue Cdt Charcot 35000 Rennes Enculer : une revue de la décroissance
Pour la plupart des revues, le souci de profondeur commence et s’arrête avec le titre ; après le sommaire, ça déconne déjà. On y compte sur le côté chinois pour y signifier à votre place, pour faire programme. Nous souhaitons exactement le contraire. Un titre que rien ne rattrape, aucun second degré, un truc qu’on pardonne à 17 ans mais qui fait tache à 40, qui provoque un sourire gêné et qui persuade les habitués du biotope littéraire qu’ils savent déjà à quoi ils ont affaire (et à qui), un titre qui sera un vrai problème pour un projet de cette nature (il ne le serait évidemment pas s’il s’agissait de créer un graphzine). Nous avons choisi « Enculer ». Plus exactement, pour le premier numéro « Enculer - Poésie ». Poésie en sous-titre. S’il y a un numéro deux, ce sera « Enculer - Fiction ». Puis « Enculer - Essais ». Etc. Simple et beau comme l’éternité.
L’un d’entre nous pensait plutôt à « foutre », mais foutre, c’est déjà de la littérature (c’est-à dire de la pédagogie ou du patrimoine) et ça rejoint « bordel » dans les hauteurs paradoxales de certains souterrains ; « Enculer » n’est pas plus adéquat aux défouloirs rassurants d’une avant-garde rigolote et copine qu’à l’infecte couleur rose ou à l’odeur sucrée du temps qui passe ; d’une manière générale, dites-vous juste qu’« Enculer » n’est pas ce que vous croyez. Un Courbet caché sous un Masson en quelque sorte. Nous considérons ce titre comme une pierre de handicap pour jouer une partie plus excitante. Un numéro sortira quand chacun aura fourni un ensemble de pages dont il est satisfait. Les auteurs sont invités à se lâcher sans réserve, emprunter des voies que d’autres supports rendent difficiles ou impensables. Le format est assez ample pour ne pas réduire l’espace graphique ou brimer les envies de maquettes extravagantes des rédacteurs. Nous avons appelé très peu de gens à participer, sans doute trop peu pour ce qu’on attend raisonnablement d’une équipe censée fonder une revue ; en fait, n’ayant aucune envie d’un comité de lecture (lire des conneries est très mauvais pour la santé), nous n’avons fait appel qu’à des auteurs par lesquels nous n’avons jamais été déçus. Tant pis pour nous s’ils commencent à être merdiques au moment précis où nous leur demandons quelque chose. Aucun texte n’y poussera toutefois la porte par négligence, lassitude, épuisement de notre part. Une diffusion simple, principalement par abonnement, un tirage à 200 ex., voilà qui nous paraît amplement suffisant pour commencer. Il s’agit plus de nous créer un terrain de jeu excitant pour la pensée que de conquérir un monde d’hypothétiques lecteurs qui n’existent que dans les contes de fées de Borges. Une cathédrale où seuls les architectes vont prier ? En quelque sorte, mais les portes sont ouvertes. environ 80 pages / 9 euros (frais de port offerts) |
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